🔨 Brève 🔨 déconstruction des préjugés carcéraux

Une nouvelle prison réduira la surpopulation et améliorera les conditions de détention ?

Tout d’abord, bien que la question de la surpopulation carcérale soit centrale, construire de nouvelles prisons ne réglera pas le problème de la surpopulation. En effet, plus on construit des prisons, plus on les remplit. Dans un article Luk Vervaet reprend : « Le Comité de Prévention de la Torture tient à souligner, dans son rapport de 2009, que l’augmentation des capacités carcérales ne peut pas résoudre en soi le problème de la surpopulation. Dans de nombreux pays (Belgique comprise) on constate que la population carcérale augmente au fur et à mesure de l’augmentation des capacités carcérales » (2016). Depuis lors, la situation n’a fait qu’empirer. Ce qui nous amène à nous poser la question avancée par Luk Vervaet : « trop peu de prisons ou trop de gens en prisons ? » (2016)

Deuxièmement, les nouvelles prisons de plus en plus automatisées, amoindrissant encore les contacts humains, détériorent les conditions de détention. David Scheer, dans son article « le paradoxe de la modernisation carcérale » explique d’ailleurs que les prisons plus vétustes ont tendance à être préférées, par les détenu.e.s, aux prisons modernes. Il met en avant deux logiques de la détention : « d’un côté une logique relationnelle dans laquelle le contact est valorisé, de l’autre une rationalité sécuritaire entraînant des circulations optimisées en termes de temps et de limitation des contacts » (2013). Il explique un peu plus loin : « Le cloisonnement spatial, la segmentation des lieux, le retranchement technologique (les agents étant de moins en moins en contact direct avec les détenus) et la sophistication du contrôle déshumanisent la détention » (2013).

Sources :

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